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Université Quisqueya : quand le Jour des Morts « Día de Muertos » et la Fête des Guédés « Fèt Gédé » deviennent un pont culturel entre Haïti et le Mexique
Port-au-Prince, le 3 novembre 2026.- Les tambours haïtiens ont rencontré les couleurs et les traditions mexicaines, le samedi 31 octobre 2026, à l’auditorium du Centre de Conservation des biens Culturels (CCC), au campus de l’Université Quisqueya (UniQ). À l’initiative de l’ambassade du Mexique en Haïti, en partenariat avec l’UniQ, le Jour des Morts « Día de Muertos » et la Fête des Guédés « Fèt Gédé » ont été célébrés au cours d’une même manifestation. Diplomates, responsables universitaires, étudiants, artistes et membres des communautés mexicaine, haïtienne et haïtiano-mexicaine ont pris part à cette rencontre qui a exhibé la richesse des deux cultures au cœur de la célébration.
L’un des temps forts de la journée a été la présentation de l’Autel des Morts (Altar de los Muertos), élément central de la tradition mexicaine. Décoré de fleurs, de bougies et d’offrandes, il rappelle le lien que cette culture entretient avec la mémoire des défunts. Loin d’être uniquement un moment de recueillement, le Día de Muertos est aussi une célébration de la vie, de la transmission et du souvenir. Cette tradition figure depuis 2008 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO, après sa proclamation en 2003. Sa présentation à l’Université Quisqueya a permis aux participants d’en découvrir les symboles et la signification.
En Haïti, la Fête des Guédés « Fèt Gédé » occupe également une place particulière dans les traditions populaires et spirituelles. Célébrée principalement au début du mois de novembre, autour du 1er novembre, fête de la Toussaint et de la commémoration des défunts, elle rend hommage aux Gédé, esprits associés au monde des morts dans le vodou haïtien. Marquée par les tambours, les chants, les danses et des expressions vestimentaires et rituelles caractéristiques, cette célébration entretient un rapport singulier avec la mort, envisagée non seulement comme une fin, mais aussi comme une dimension de l’existence et de la mémoire collective. Les Gédé, dont Bawon Samdi est l’une des figures emblématiques, incarnent, dans la tradition du pays, une forte relation entre les vivants et les défunts. À travers ses manifestations festives et spirituelles, la Fèt Gédé témoigne de la vitalité du patrimoine culturel haïtien et de sa capacité à transmettre, de génération en génération, des croyances, des valeurs et des formes d’expression profondément ancrées dans l’identité nationale.
La célébration a également réuni plusieurs membres du corps diplomatique. Outre Son Excellence Monsieur Jesús Cisneros Chávez, ambassadeur du Mexique en Haïti, six autres représentants ont pris part à l’événement : Son Excellence Monsieur Alexandre Côté, ambassadeur du Canada ; Son Excellence Monsieur Pablo Graziano, ambassadeur de l’Argentine ; Son Excellence Monsieur Luís Guilherme Nascentes da Silva, ambassadeur du Brésil ; Son Excellence Monsieur Manuel Rioseco Vicencio, ambassadeur du Chili ; les représentants de l’ambassadrice de l’Union européenne et de l’émissaire du Secrétaire général de l’Organisation des États américains (OEA) pour Haïti. Leur présence a conféré à cette rencontre une dimension diplomatique particulière, illustrant également le rôle de la culture dans le rapprochement entre les peuples et le dialogue entre les nations.
Les échanges se sont poursuivis avec Monsieur le professeur Jacky Lumarque, recteur de l’Université Quisqueya. En accueillant cette initiative de l’ambassade du Mexique, l’Université a offert un cadre propice aux rencontres entre diplomates, universitaires et acteurs culturels. Cette collaboration rappelle que les établissements d’enseignement supérieur ont aussi vocation à faire vivre les cultures, à favoriser les échanges internationaux et à rapprocher les institutions au-delà de leurs missions académiques.
Sur scène, la Fèt Gédé a apporté toute son énergie à la célébration, mettant en vedette un Baron Samdi endiablé exécutant une danse banda envoûtante, entouré de tambourineurs et de danseurs de l’artiste Welele. Cette prestation a donné à l’auditorium des airs de fête populaire au confluent des cultures mexicaine et haïtienne. Les chants, les rythmes et les mouvements de danse ont fait écho aux traditions mexicaines présentées à travers l’autel et les autres expressions artistiques. Deux cultures, deux façons de célébrer les défunts, mais une même volonté de faire revivre la mémoire à travers les générations.
Dans leurs interventions, l’ambassadeur Jesús Cisneros Chávez et le recteur Jacky Lumarque ont chacun souligné la place de la culture dans la vie des peuples. L’ambassadeur a insisté sur sa capacité à rapprocher les sociétés et à créer des occasions de rencontre entre différentes sensibilités. Le recteur a, de son côté, encouragé le public à assumer et à valoriser son patrimoine culturel, rappelant que celui-ci peut également être une source de création de richesse. Ces interventions ont mis l’emphase sur la culture non seulement comme un héritage à transmettre, mais aussi comme une richesse à faire fructifier.

Les arts visuels et la gastronomie ont eux aussi contribué à l’atmosphère de la journée. L’artiste peintre Shneider Léon Hilaire a proposé une installation inspirée des cultures haïtienne et mexicaine, tandis que des expositions ont accompagné les prestations traditionnelles. Les invités ont également pu déguster du pan de muerto, pain traditionnel associé au Día de Muertos. Cette attention a prolongé la découverte culturelle jusque dans les échanges autour de la table, où la convivialité a naturellement pris le relais des spectacles et des discours.
Cette célébration a surtout montré que les relations entre les peuples ne se construisent pas uniquement dans les cadres officiels. Elles prennent aussi forme dans les rencontres, les découvertes artistiques et le partage des traditions. En associant le Día de Muertos à la Fèt Gédé, l’ambassade du Mexique et l’Université Quisqueya ont donné à voir ce que la diplomatie culturelle peut apporter aux relations entre Haïti et le Mexique. Pour l’Université, cette collaboration représente également une occasion de renforcer son ouverture internationale et son rôle dans la valorisation du patrimoine et des expressions culturelles.
Au terme de cette rencontre, les tambours, les couleurs de l’autel et les œuvres exposées auront laissé bien plus que le souvenir d’une fête. Ils auront rappelé que chaque culture possède ses propres façons de raconter la vie, d’honorer les disparus et de transmettre son histoire. C’est précisément dans cette découverte de l’autre, sans renoncer à ce qui fonde sa propre identité, que réside la portée de cette initiative.

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